Crédit : Dancers de Simon Malz

Penser par soi-même.
Faire des idées comme on fait des gestes. S’entraîner. Créer. Explorer. Étirer. Questionner. Indéfiniment.
Partir de la chair de nos expériences. De l’échancrure singulière qui nous échappe.
Amplifier la vitalité de ce qui nous fait penser. Émotions. Images. Mots. Sons. Parfums. Souvenirs.
Chercher la justesse d’une pratique non-violente de la pensée.
Observer le chaos du réel tel qu’il nous affecte.
Tailler des idées dans des mots bafouillés.
Aimer la maladresse.
Caresser l’incertitude.

Philosopher en se libérant.
Indéfiniment.
De la posture explicative.
De l’injonction à la clarté.
Du recours aux autorités.
Du désir d’avoir raison.
Du mépris patriarcal pour l’essentiel.
De la hiérarchisation traditionnelle des sujets pensants.
Des disjonctions prétendument universelles de la rationalité.
Des jeux de domination intellectuelle.
De notre attachement à ce qui réprime.
De l’idéalisme qui fantasme le penser pour le réserver à quelques uns.

Poïein : faire. Produire des effets. Mouvoir et se mouvoir.
Une poïétique des idées.
Pour creuser nos pensées dans la matière de nos vies.
Assumer les contradictions à la lanterne du désir.
Savourer l’effort d’une pensée non entravée.
Et le partager ensemble.